Petit mémento de l'écoquartier

[ ECOQUARTIER ]

Le mot "écoquartier" est un néologisme associant le mot quartier à l’abréviation éco de écologique.
Il s’agit d’un quartier généralement urbain – donc d’une certaine densité ou intensité - qui vise à minimiser son impact sur l’environnement, à réduire sa consommation énergétique, jusqu’à l’autonomie (isolation thermique, énergies douces, gestion de l’eau, gestion des déchets...).

Par extension, il promeut l’écocivisme (autre néologisme) en introduisant graduellement des organisations suscitant de nouveaux comportements dans les usages des habitants (transport collectif, mobilité douce, propreté, gestion des déchets, recyclages, patrimoine végétal, compostage…).

Il promeut aussi une équilibre dans la programmation avec la mixité requise en termes de typologie (collectif, intermédiaire, individuel groupé…), de fonctionnement (logements, équipements, services…) et en termes de mixité socio-économique, générationnelle et culturelle (logements sociaux ou non, offre de prix différenciée, parcours résidentiel, lien social, vie associative, gouvernance partagée…).

[INTENSITE]

Pour le plus grand nombre, la notion de densité urbaine est perçue négativement. Elle renvoie au béton, à l’entassement et aux difficultés sociales. En concertation, le terme cristallise tous les rejets. On lui oppose les temps révolus du « village » et des liens harmonieux entre ses habitants.

Cependant l’affirmation de l’individu par rapport au groupe continue de produire nos tragiques lotissements qu’il faudra bien détruire un jour, comme on l’a fait pour les grands ensembles. S’il existe une demande forte en matière de maison individuelle, il n’existe pas (à quelques réalisations exemplaires près) de lotissements denses en France. Il n’y a ni offre ni demande ni marché dans ce domaine. Par ailleurs, on ne favorise pas vraiment les divisions de petites parcelles en mitoyenneté, même si la loi et les règlements d'urbanisme des (grandes) villes intègrent aujourd'hui ce sujet.

L’ étalement urbain et la consommation de territoire trouvent aujourd’hui leurs limites dans le péri-urbain ce qui n'est pas toujours le cas en milieu rural ; la règle étant unique sur l'ensemble du territoire, la gestion règlementaire de la densité peut sembler plus ou moins adaptée selon les cas.

La pensée du développement durable pousse à des utilisations plus mesurées du sol – devenu rare et cher - et conduit à employer des densités plus élevées. Ce regain d’intérêt pour la densité du bâti semble inéluctable, mais selon une autre acception du terme que son évaluation comptable comme au siècle dernier, avec la reconstruction d’après guerre. Une pensée de la densité implique maintenant une optique sensorielle et qualitative. 
Autrement dit, la densité urbaine ne se limite plus à sa dimension quantitative.
Au terme de densité, se substitue celui d’intensité urbaine avec la revalorisation du concept d’urbanité comprenant notamment l’idée de « construire la ville sur la ville », non pas dans de grands espaces vides, comme au Far West, mais dans la complexité des interstices laissés par la ville déjà construite.

Lorsqu’il s’agit d’extensions urbaines ex nihilo, il convient de chercher une nouvelle intensité et les conditions programmatiques de production de l’ écoquartier avec la mixité typologique, la mixité fonctionnelle et la mixité sociale qui sont associées.

Une telle évolution des pratiques de l’urbanisation n'est rendue possible qu’avec une place laissée à l’esprit d’initiative et la modernisation des outils juridiques mis à la disposition des élus (PADD-PLU). L'évolution de la règlementation en témoigne. Dès lors, le débat sur les logements à l’hectare ou sur la mitoyenneté et les maisons « posées au milieu de leur terrain », n’a plus beaucoup d’attrait et fait place à une volonté citoyenne de faire la ville sur la ville.

[ LES FACTEURS DE SUCCES DE L’ECOQUARTIER ]

Le projet d’ écoquartier ne se résume pas à une opération de communication « peignant en vert » un simple respect des normes ; qui ont le sait, ont un cran de retard par rapport à l’évolution des esprits et des pratiques.

Le projet est à l’initiative d’une collectivité menant une politique environnementale soutenue et prenant en compte le développement durable (réflexions sur l’agenda 21 notamment). Construire un écoquartier relève avant tout d’une intention politique.

Le projet émerge dans le cadre d’une pratique de travail concertée qui implique de consulter les différents partenaires, d’assurer la participation des citoyens.

Les projets sont réalisés sur des terrains dont la collectivité a la maîtrise foncière, permettant d’imposer de fortes exigences aux promoteurs immobiliers par le biais de prescriptions d’innovation architecturale, de qualité environnemententale. Des outils tels que la ZAC permettent d’obtenir cette maîtrise foncière.

Pour mettre en œuvre et maîtriser son projet, la collectivité - si elle n’en a pas les moyens en interne - mobilise une équipe de travail opérationnelle.

La collectivité organise alors les conditions d’intervention d’ équipes qualifiées pour une conception partagée, la qualité architecturale et la maîtrise des coûts de réalisation (qualité des intervenants, cahier des charges, contrôle du respect du cahier des charges par les promoteurs et constructeurs).

contact@monalisa-urbis.com - Lyon F 2018

 

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